Prix Bayeux, live photo de 6 Mois, festival photoreporter de Saint Brieuc: l’agenda du 2 au 8 octobre

Trois événements importants cette semaine:

Cette édition mettra notamment l’accent sur les journalistes locaux qui couvrent leur propre pays, prenant énormément de risques, que ce soit en Syrie ou en Irak. Un hommage sera notamment rendu à Bakhtiyar Haddad, le fixeur kurde irakien de 41 ans tué en juin dans l’explosion d’une mine à Mossoul (Irak), qui a également coûté la vie au journaliste français Stéphan Villeneuve, 48 ans, et à la reporter suisse, Véronique Robert, 54 ans, qui préparaient un reportage pour Envoyé spécial.

L’agence Noor fêtera également lors de cette édition ses 10 ans avec une exposition inédite Conflits oubliés, conflits de demain.

Capture

  • Du 7 octobre au 5 novembre: 6ème édition du Festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc. Le festival adopte cette année pour ses expositions un fil conducteur: unREST, qui « correspond à cet état d’esprit d’incertitude et de renouveau, synthèse des deux tendances opposées qui animent le monde actuel ». « Les reportages de l’édition 2017 seront les contes de ces réalités duales qui coexistent, entre effondrement de nos sociétés et inexorable oscillation du balancier de la vie. Ils essayeront de nous amener à une compréhension plus profonde en racontant les histoires d’individus qui se (sou)lèvent à travers le monde. Du chaos à la sérénité, de l’épopée à l’intime, ces récits se rejoignent dans des nuances de gris, « unREST ».
  • Dimanche 8 novembre de 11h à 13h au MK2 Quai de Seine à Paris : L’autre Japon, le photo live de 6Mois. Des photojournalistes racontent en images un de leurs reportages au long cours publié dans la revue 6Mois.En présence de Marie-Pierre Subtil, rédactrice en chef de 6Mois, Stéphane Remael et Pascal Meunier, tous deux photographes et publiés dans le dernier numéro de la revue consacrée au Japon. L’une des photographies de Pascal Meunier publiées dans 6Mois est d’ailleurs en vente sur le site de notre galerie.
Japon, le pays du soleil couchantJapan, the land of the setting sun
Paradis 2.0, Nagoya, Pascal Meunier

Et toujours en cours:

  • Jusqu’au 28 octobre, à la galerie Fait & Cause, 58 rue Qincampoix, 75004 Paris : exposition « Fleuves frontières », photographies de Franck Vogel
  • Jusqu’au 28 octobre à la galerie Polka, 12 rue Saint Gilles, 75003 Paris: Exposition « Amateur » de Richard Dumas et jusqu’au 5 octobre « Cars » de Langdon Clay
  • Jusqu’au 2 novembre: 2ème biennale des photographes du monde arabe contemporain
  • Jusqu’au 12 novembre: les 10 ans de l’agence Signatures lors de la 13ème édition du festival international de la photographie l’Œil en Seyne.
  • Jusqu’au 17 décembre: « Traverser », exposition de photographies de Raymond Depardon à la Fondation Henri Cartier Bresson
  • Jusqu’au 29 janvier 2018: exposition Irving Penn au Grand Palais
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Agenda photojournalisme : Du 18 au 24 septembre

Voici notre agenda « événements photo & médias » du lundi 18 au dimanche 25 septembre 2017:

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  • Mercredi 20 septembre: Le Quatre Heures part en live – La revue Le Quatre Heures fête ses 3 ans au Pavillon des Canaux, 39 quai de Loire, 75019 Paris
  • Jeudi 21 septembre de 18h30 à 20h30: Débat « être femme et photographe dans le monde arabe » à l’Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés Saint Bernard Place Mohammed V, 75005 Paris
  • Vendredi 22 septembre et Samedi 23 septembre : 5ème Festiphoto de la forêt de Rambouillet dont le leitmotiv est « exposer pour préserver ». Le festival accueille notamment Fabrice Guerin, découvrez son travail et accédez à la vente de ses photos via notre galerie en ligne : The Chata Gallery.
  • Du vendredi 22 au dimanche 24 septembre : Unseen Festival, salon international de la photographie, à Amsterdam dans lequel sera présenté le livre de Delphine Blast consacré à ses portraits de Cholitas. A découvrir ici!

  • Du vendredi 22 au lundi 25 septembre : Quatrième édition du Monde Festival
  • Samedi 23 et dimanche 24 septembre: Grande braderie organisée par la librairie photographique Le 29, au 29 rue des Récollets 75010 Paris
  • Dimanche 24 septembre: Un Dimanche à la Galerie invite à découvrir la richesse et diversité des expositions de 100 galeries d’art parisiennes ouvertes exceptionnellement un dimanche.

Dernière semaine:

  • Jusqu’au dimanche 24 septembre : Festival Barrobjectif, festival charentais du photoreportage à Barro, 16700 Ruffec, Centre
  • Jusqu’au dimanche 24 septembre: Les rencontres d’Arles, avec toujours l’exposition Foto Doc’Collection à la Fondation Manuel Rivera Ortiz à laquelle participe The Chata Gallery
  • Jusqu’au dimanche 24 septembre: Exposition Too young to wed de Stéphanie Sinclair, à l’Arche du Photojournalisme, Paris La Défense

Vous avez encore un peu de temps:

  • Jusqu’au 2 novembre: 2ème biennale des photographes du monde arabe contemporain
  • Jusqu’au 28 octobre, à la galerie Fait & Cause, 58 rue Qincampoix, 75004 Paris : exposition « Fleuves frontières », photographies de Franck Vogel
  • Jusqu’au 28 octobre à la galerie Polka, 12 rue Saint Gilles, 75003 Paris: Exposition « Amateur » de Richard Dumas et jusqu’au 5 octobre « Cars » de Langdon Clay
  • Jusqu’au 17 décembre: « Traverser », exposition de photographies de Raymond Depardon à la Fondation Henri Cartier Bresson

N’hésitez pas à nous faire part des événements photo & media sur votre agenda à contact@thechatagallery.com

Bonne semaine!

L’Arche du photojournalisme à Paris: exposition Too young to wed de Stéphanie Sinclair jusqu’au 24 septembre!

Alors que le festival international du photojournalisme, Visa pour l’Image, a ouvert ses portes à Perpignan jusqu’au 17 septembre, un autre projet porté par Jean-François Leroy, président de Visa pour l’image, met à l’honneur le photojournalisme à Paris!

Depuis début juin, l’arche de la Défense accueille un nouvel espace d’exposition consacré au photojournalisme, baptisé l’Arche du photojournalisme, dont la direction artistique est ainsi assurée par Jean François Leroy.

Tous les 3 mois, le travail d’un photojournaliste et une thématique seront abordés dans cet espace incroyable de plus de 1200 mètres carrés situé au sommet de la Grande Arche de la Défense à 110m au dessus du sol.

Espace

L’exposition d’inauguration, intitulée Too Young to wed (Mariées trop jeune), visible jusqu’au 24 septembre, met en avant le travail de la photojournaliste américaine Stéphanie Sinclair sur les mariages précoces.

Toutes les deux secondes, une jeune fille est mariée contre son gré, soit 39 000 filles chaque jour, dans plus de 50 pays à travers le monde. Au cours des dix prochaines années, 140 millions de jeunes filles seront mariées avant l’âge de 18 ans. Le mariage précoce est une violation des droits fondamentaux. Il signe la fin de l’enfance. Ces jeunes filles sont forcées de quitter l’école et assumer un rôle d’adulte. Elles se retrouvent en situation d’asservissement domestique et sexuel dans leur foyer.

Ce travail au long cours entamé en 2003 en Irak et en Afghanistan multiplie les points de vue et aborde les différents enjeux liés à la question du mariage précoce : qu’ils soient sanitaires, économiques ou sociaux.

La photographe témoigne de la situation aux quatre coins du monde, de l’Afrique à l’Asie, en passant par le Moyen-Orient et l’Amérique (Yémen, Irak, Népal, Afghanistan, Guatemala, États-Unis, Éthiopie, Sierra Leone, Indonésie…)

Carte

Il est question de mariages précoces entre des jeunes filles parfois à peine âgée de 8 ans avec des hommes adultes, mais aussi de mariage précoce entre une jeune fille et un jeune garçon. La photographe suit par exemple un couple marié très jeune au Népal. Le mariage précoce était en recul dans ce pays mais suite au violent séisme de 2015, les familles renouent avec cette pratique par manque de ressources. De plus, de nombreuses écoles ont été détruites à cause du tremblement de terre, mettant à la rue de nombreux enfants, qui ne peuvent plus poursuivre leur scolarité.

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Les mariages précoces ne sont pas l’apanage des seuls pays en développement, ils existent aussi en Occident, l’exposition permet de découvrir la situation de jeunes filles mariées dans le cadre de l’Eglise fondamentaliste des saints des derniers jours (FSDJ), accusée d’éduquer les jeunes filles pour en faire les épouses des dignitaires polygames de l’Eglise.

Etats Unis

Il est également question des problèmes de santé rencontrés par ces jeunes filles mariées très jeunes, qui doivent faire face à des maternités précoces aux conséquences dramatiques. Le mariage précoce est aussi intimement lié à la place de la femme dans la société. La femme est dépourvue de ses droits et considérée comme un objet, elle ne peut aller à l’école, se retrouve dépendante financièrement de son mari et est souvent victime de violences conjugales, comme en témoignent ces photographies particulièrement émouvantes de femmes victimes d’attaque à l’acide, de jeunes femmes qui ont tenté de s’immoler pour se soustraire à des maris violents ou échapper à des mariages forcés… Quelques photographies prises dans un centre médical en Indonésie dénoncent également la pratique de l’excision, qui induit là encore une maltraitance des jeunes filles, de leur corps, une négation de leur liberté sexuelle.

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Dénoncer mais aussi susciter l’espoir

Stéphanie Sinclair montre aussi les solutions mises en place pour changer les mentalités et faire disparaître ces mariages précoces : avec des programmes de scolarisation, l’établissement de nouvelles cérémonies pour marquer le passage à la vie d’adulte autre que par la tradition de l’excision … Il y a aussi des portraits d’hommes et de femmes qui se battent dans leur pays pour faire comprendre les conséquences désastreuses des mariages précoces… La photographe a elle-même créé en 2012 sa propre ONG intitulée Too Young to wed pour lutter contre les mariages précoces. Un travail engagé qui donne une voix à des milliers de jeunes filles à l’enfance volée.

Rouge

Au sein de cet espace d’exposition, un hommage est aussi rendu au photojournaliste Stanley Greene disparu en mai dernier. Un photojournaliste prolixe, dont une infime partie de son travail est montré ici.

Stanley

Bref, un endroit à découvrir, malgré le tarif dû à la possibilité d’accéder au toit terrasse de l’Arche, qui vaut aussi le détour!

Information pratique :

Plein tarif : 19€ (Tarif de l’exposition : 4 euros, ne peut se visiter sans l’accès au toit terrasse: 15 euros)

Ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures

http://www.lagrandearche.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Agenda photojournalisme – Du 11 au 17 septembre

En cette rentrée 2017/2018, le blog va prendre un rythme de croisière plus soutenu. Chaque semaine nous partagerons avec vous notre agenda des événements « photojournalisme & médias ».

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Voici notre agenda du lundi 11 au dimanche 17 septembre 2017:

  • Lundi 11 septembre à partir de 19h au Bar 61, 3 rue de l’Oise, 75019 Paris: Projection Laurent Van der Stockt « La bataille de Mossoul » en présence du photographe. Le photographe a reçu samedi 9 septembre, lors du festival Visa pour l’image, le Visa d’or News pour sa couverture pour Le Monde de la bataille de Mossoul. (Au Mémorial de Caen le 12 septembre)
  • Mardi 12 septembre à partir de 18h30 à la mairie du 4ème arrondissement, 2 place Baudoyer, 75004 Paris: Vernissage de l’exposition Sinjar, naissance des fantômes de Michel Slomka & lancement du livre éponyme aux éditions Charlotte Somertimes
  • Mercredi 13 septembre: ouverture de la 2ème biennale des photographes du monde arabe contemporain. La biennale se déroule simultanément dans 8 lieux parisiens jusqu’au 12 novembre
  • Mercredi 13 septembre à partir de 18h à la galerie Fait & Cause, 58 rue Qincampoix, 75004 Paris : Vernissage de l’exposition « Fleuves frontières », photographies de Franck Vogel
  • Mercredi 13 septembre, à partir de 19h aux Voûtes, 19 rue des Frigos, 75013 Paris : Diapéro, table ronde « comment bien monter son diaporama sonore » et projections de diaporamas
  • Jeudi 14 septembre, à partir de 18h à la galerie Polka, 12 rue Saint Gilles, 75003 Paris: Vernissage des expositions « Amateur » de Richard Dumas et « Cars » de Langdon Clay
  • Jeudi 14 septembre, de 19h à 22h, à Ground Control, 81 rue du Charolais, 75012 Paris: Vernissage Le doc en regard et conférence sur la photographie documentaire par What’s up Photo Doc
  • Vendredi 15 septembre à partir de 18h30 au bar Le Monte en l’air, 71 rue de Ménilmontant, 2 rue de la Mare, 75020 Paris : Lancement des revues Myopzine par l’agence Myop
  • Samedi 16 et dimanche 17 au CAP (Carrefour des Associations Parisiennes), 181 avenue Daumesnil, 75012 Paris: Festival de Street Photography
  • Samedi 16 septembre de 17h à 19h à la librairie Gallimard, 15 boulevard Raspail, 75007 Paris: Rencontre avec Raymond Depardon à l’occasion de la parution de Bolivia.
  • A partir du samedi 16 jusqu’au dimanche 24 septembre : Festival Barrobjectif, festival charentais du photoreportage à Barro, 16700 Ruffec, Centre

Et toujours:

N’hésitez pas à nous faire part des événements photo & media sur votre agenda à contact@thechatagallery.com

Bonne semaine!

 

Exposition Sauvetages en Méditerranée

The Chata Gallery, galerie dédiée au photoreportage et au photojournalisme, présente dans son espace au 30/34 rue du Chemin Vert, Paris 11ème l’exposition « Sauvetages en Méditerranée », rassemblant les photoreportages d’Isabelle Serro, Patrick Bar et Sinawi « Zen » Medine. A cette occasion, l’association SOS MEDITERRANEE, avec laquelle cette exposition a été réalisée en collaboration, présentera mardi 25 avril de 18h à 22h, dans cet espace son premier ouvrage : Les naufragés de l’enfer (Editions DIGOBAR). L’auteure, Marie Rajablat, et le photographe de ce livre, Laurin Schmid seront présents lors de cette soirée.

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L’exposition Sauvetages en Méditerranée
Patrick Bar, Isabelle Serro et Sinawi « Zen » Medine ont embarqué en 2016 à bord de l’Aquarius, navire affrété par l’association SOS MEDITERRANEE pour venir en aide aux migrants en situation de détresse en Méditerranée. Leurs reportages s’inscrivent dans la continuité de leur travail.

Patrick Bar, photographe freelance depuis 30 ans, a couvert les boat people vietnamiens dans les années 1980. Il est parti à bord de l’Aquarius de février à avril 2016, et de mars à avril 2017. De retour de mission, il sera présent à cette soirée pour livrer son témoignage.
Isabelle Serro, photoreporter, s’appuie sur une expérience de 15 années acquise sur des sites géographiques dits sensibles à travers le monde. Très engagée, elle suit particulièrement le parcours des personnes ayant pris le chemin de l’exil que ce soit au Maroc, au large des côtes libyennes, en Turquie, Grèce, Macédoine, Serbie, Croatie, Allemagne mais aussi au Royaume-Uni afin de témoigner auprès du grand public de la crise migratoire actuelle.
Sinawi « Zen » Medine se consacre à la photographie sociale, un travail qui témoigne de son parcours et de ses valeurs. Né en Erythrée, il a également dû fuir son pays pour des raisons politiques et après un parcours d’exil de plusieurs années (Soudan, Lybie), il s’est installé en France.

Certaines photographies de cette exposition sont proposées à la vente, les bénéfices sont reversés de manière égale entre SOS MEDITERRANEE, le photographe et la galerie.

Information pratique :

Jusqu’au 30 avril au 30/34 rue du Chemin Vert, Paris 11ème
Métro Richard Lenoir / Bréguet Sabin / Chemin Vert / Saint Ambroise
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 20h et le dimanche de 13h à 17h
Lien vers l’événement Facebook Soirée SOS MEDITERRANEE ici
Article publié par Solène Delorme

A Paris: Un nouvel espace dédié au photojournalisme et photoreportage!

The Chata Gallery a ouvert un nouvel espace pour les mois de mars et avril au 30-34 rue du Chemin Vert, Paris 11ème. Un espace atypique de plus de 100 mètres carrés, à quelques pas de la place de Bastille, dans le quartier Popincourt près des stations Saint Ambroise, Richard Lenoir, Bréguet Sabin et Chemin Vert!

Blog Chemin vert
Nouvel espace The Chata Gallery au 30/34 rue du Chemin Vert, Paris 11ème, lors de l’inauguration de l’espace et vernissage de l’exposition Irak de Quentin Bruno

Dans cet espace totalement dédié au photojournalisme et au photoreportage, à la photographie sociale et environnementale, sont proposées des expositions et la vente des tirages de l’ensemble des reportages présentés sur le site de la galerie, dont ceux de Fabrice Guerin et de Quentin Top.

10% des ventes des tirages sont reversés à des ONG en lien avec le sujet présenté (Sea Shepherd France, Médecins du Monde, SOS MEDITERRANEE, Mountain Wilderness…)

Expositions

Jusqu’au 19 mars, l’exposition Irak de Quentin Bruno met en avant le travail de ce jeune photojournaliste parti couvrir la bataille de Mossoul en octobre 2016. Pour découvrir cette exposition, un très bel article et sujet de France Culture sont à lire et à écouter à partir de 3’20 ici !

A peshmerga waiting for the beginning of the offensive.
First day of the offensive, Iraq, Quentin Bruno, 2016

A partir du mardi 21 mars jusqu’au dimanche 9 avril, place à l’exposition « Conquérants de l’inutile » d’Ulysse Lefebvre, dont le vernissage aura lieu jeudi 23 mars, à partir de 19h en présence du photojournaliste.

Rope team on the Aiguille du Midi ridge. Cordée sur l'aiguille du Midi.

Haut-lieu, Aiguille du Midi, Mont-Blanc, Ulysse Lefebvre, 2015

Le titre de cette exposition, empruntée à l’alpiniste Lionel Terray, s’accorde parfaitement à ces images en noir et blanc exceptionnelles, qui nous font découvrir toute la beauté et l’âpreté de l’alpinisme, de l’exploration des sommets.

Suivront une nouvelle exposition et d’autres événements liés à la photographie dans cet espace au mois d’avril :

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Bref, en mars et en avril, The place to be du photojournalisme et du photoreportage est au 30/34 rue du Chemin Vert, Paris 11ème!

Espace The Chata Gallery ouvert du mardi au samedi de 12h à 20h, le dimanche de 13h à 17h

Publié par Solène Delorme

Julien Frydman : De Magnum à Paris Photo à la Fondation LUMA

Chaque mois, Profession Photographie organise à l’Institut National de l’Histoire de l’Art (INHA) des entretiens avec des professionnels du monde de l’art. Ce cycle d’entretiens, lancé en janvier 2016, a débuté cette nouvelle année par un entretien avec Julien Frydman. L’occasion de revenir sur les différents projets qui ont ponctué sa carrière jusqu’à présent, que ce soit à Magnum, à Paris Photo et aujourd’hui à la Fondation LUMA.

Un entretien passionnant où Julien Frydman montre comment il est possible de trouver le juste équilibre entre objectif commercial et démarche artistique. Un équilibre où ce « tap dancer », « danseur de claquettes », comme il fut surnommé par l’un des photographes de l’agence Magnum Alec Soth, excelle. En voici quelques exemples !

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Julien Frydman  (Crédits Nadine Jestin)

10 ans chez Magnum

Avant de devenir pendant cinq ans directeur de Magnum, Julien Frydman rejoint l’agence en 2002 en tant que directeur des partenariats.

« A mon arrivée, je passe un temps très long à parcourir les portfolios, à présenter les books des photographes, à choisir quelles peuvent être les bonnes images, à réaliser un travail d’immersion dans le travail des photographes. »

De l’art de maîtriser les commandes et les partenariats…

Une partie de son travail consiste alors à décrocher des commandes importantes, rémunératrices pour les photographes. C’est indispensable autant pour le photographe que pour l’agence, surtout à une période où le déclin de la commercialisation des archives était déjà bien entamé.

« L’objectif c’est d’obtenir des commandes respectant l’écriture du photographe, trouver une commande qui donne au photographe l’occasion d’appliquer son regard. On peut en quelque sorte « pervertir » un peu le travail de la commande. »

C’est le cas par exemple avec la commande du Bon Marché, pour lequel est lancé un magazine de mode réunissant des photographies de Martin Parr. Les tirages sont ensuite exposés au sein du grand magasin. L’opération est renouvelée quatre années de suite avec d’autres photographes : Alec Soth, Bruce Gilden, Lise Sarfati.

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« On recherche des commandes corporate de qualité, qui fassent sens, qui entrent en résonance avec le talent du photographe et que l’on peut décliner sur plusieurs supports. Dans cet esprit, on peut citer le travail de suivi des chantiers du Louvre Abu Dhabi pendant quatre ans réalisé par Mark Power, très doué pour donner une dimension abstraite et acérée des environnements industriels. »

Au-delà des commandes corporate, d’autres opérations de partenariat soulignent cette faculté à proposer quelque chose d’inédit, à surprendre, et à préserver une démarche artistique.

« Pour le 60ème anniversaire de Magnum, on décide de faire un livre avec l’éditeur Xavier Barral. L’idée est de prendre le contre pied, de ne pas faire un livre de photographies, mais un missel, un petit livre blanc où chaque page correspond à une date, une histoire, un moment clé de photographies et on écrit le texte de façon à voir l’image sans la montrer puisque nombre de ces images font d’ores et déjà partie de notre inconscient collectif. »

… à la création de la galerie Magnum

« Il y a également tout un secteur qui manquait à l’agence, présent mais insuffisamment développé c’est la vente de tirages. Alors que l’on est à un moment où le marché commence à s’élargir, il faut rendre cet accès aux tirages plus évident, moins confidentiel et créer ainsi un lieu dédié. »

Dans un premier temps, les bureaux du rez-de-chaussée sont transformés en une galerie. La première exposition présente le travail de Philippe Halsmann. Un livre est publié à cette occasion Unknown Halsman et c’est le point de départ d’une exposition qui sera ensuite montrée au Musée de l’Élysée à Lausanne, puis au Jeu de Paume. La deuxième version de la galerie, rue de l’Abbaye dans le 6ème arrondissement de Paris, est inaugurée en 2009, la direction en est confiée à Valérie Fougeirol.

Paris Photo

Après cinq ans à la direction de l’agence Magnum, Julien Frydman prend la direction de Paris Photo, au moment où cet événement déménage du Carrousel du Louvre au Grand Palais. Les défis sont alors immenses: comment aménager un tel espace?

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Les défis du Grand Palais

Les revenus d’une foire se répartissent entre la vente d’espaces aux exposants, la recette de la billetterie, et les partenariats. Le risque avec une surface importante comme celle du Grand Palais, c’était d’accepter tout et n’importe quoi. Julien Frydman et son équipe prennent plusieurs décisions pour le développement de Paris Photo sous la nef du Grand Palais, ils décident entre autres de :

  • Créer une programmation complémentaire des galeries en invitant les institutions (Tate, Musée de l’Elysée, The Shpilman Institute for Photography…) à montrer leurs acquisitions récentes. Cet espace dédié aux institutions permet d’attirer les collectionneurs et les partenariats.
  • Mettre en avant les collections de collectionneurs privés, comme celle d’Artur Walther. Cela permet également d’attirer un autre partenaire privé.
  • Rassembler l’ensemble des artistes représentatifs du secteur, en menant un travail auprès des galeries d’art contemporain, afin que celles-ci songent à exposer « les artistes qui utilisent le medium de la photo ».
  • Donner une place de choix aux livres de photographie en créant un vrai espace dédié aux livres et aux éditeurs. Les prix « Paris Photo – Fondation Aperture » sont lancés pour récompenser le premier livre d’un photographe et le livre de l’année. Cet espace a un réel impact économique pour les auteurs de livres de photo.

La rencontre avec David Lynch et la création de Paris Photo Los Angeles

Les partenariats artistiques naissent aussi de rencontres fortuites, c’est le cas avec David Lynch, rencontré en 2011 la veille de l’ouverture de Paris Photo, lors du vernissage d’une exposition de William Eggleston à la galerie Gagosian. Julien Frydman l’invite à Paris Photo puis germe très vite l’idée de travailler ensemble pour faire un livre photo, qui deviendra : « Paris Photo vu par David Lynch » avec un parcours dans la foire pour découvrir les photographies choisies par l’artiste. Après cette rencontre, Paris Photo, qui devait se développer à l’international, sera lancé à Los Angeles.

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David Lynch (Crédits photo: Paris Photo 2011)

Pour Julien Frydman, le choix de Los Angeles s’impose en raison de la relation enthousiasmante de la ville à l’image.

« Les artistes de la côte ouest ont un rapport décomplexé à l image et à la photographie: ils manipulent, détournent l’image, interviennent sur la pellicule, font des montages, ils ont une écriture photographique très spécifique. C’est un endroit qui va nourrir le positionnement de Paris Photo, qui est désormais axé sur l’ensemble des écritures photographiques. C’est un choix qui fait sens par rapport à la photographie que j’ai envie de défendre. »

Il s’avère difficile de trouver un lieu qui ne soit pas en total décalage avec Paris, finalement, on leur propose d’installer cette foire à la Paramount. Au milieu des grands hangars, un espace semble possible: les décors d’un faux New York.

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La foire à Los Angeles se déroule en mai, une programmation spécifique est développée, notamment une exposition autour des archives de la police de Los Angeles. Cette dimension festive et ce positionnement sur les différentes écritures permet de très bien ancrer la foire, mais un travail important reste à faire pour convaincre les acheteurs. Julien Frydman regrette que l’on n’ait pas assez donné de temps et de moyens à la foire à Los Angeles.

Fondation LUMA

Il rejoint ensuite la Fondation LUMA, en tant que directeur du développement des activités de la fondation lancée par Maja Hoffmann.

Premières réalisations

L’une de ces premières réalisations est d’accueillir au sein de la Fondation LUMA la foire du livre de la photographie Offprint, qui réunit environ 130 éditeurs indépendants dans le domaine de la photographie, du livre d’artistes, des écrits autour de l’art. Cette foire, créée en 2010 par Yannick Bouillis, permet de donner de la visibilité à des personnes rarement mises en lumière.

Au-delà de la photographie, de nombreux projets sont en cours à la Fondation LUMA, dont les espaces mêmes sont actuellement en chantier, et c’est bien là un des défis: s’assurer que malgré les travaux, il y ait des espaces accessibles de qualité pour les publics, notamment lors des Rencontres de la photographie.

La Fondation LUMA, qui s’étend sur 35 000 mètres carrés, est située dans les anciens entrepôts de la SNCF : il y a d’une part des bâtiments restaurés par l’architecte Annabelle Selldorf, et un bâtiment en construction, réalisé par Franck Gehry. Une partie de ces espaces sera consacrée au fonctionnement de la fondation, une autre à des expositions, enfin une partie sera destinée à l’accueil des artistes en résidence. Certains lieux sont également réservés aux performances, comme c’est le cas dans le cadre du partenariat avec Benjamin Millepied et sa troupe LA Dance Project. Cela traduit bien l’esprit de la fondation : rendre visible une partie du processus de création.

 

ATELIER LUMA

Depuis juin, un travail d’études, « l’ATELIER LUMA », a été lancé sur les savoir-faire, les artisans locaux, les matériaux que l’on trouve en Camargue. Une quarantaine de designers internationaux sont venus l’été dernier repérer des matériaux et rencontrer des artisans, afin de travailler ensemble, faire des essais, produire, faire de la recherche appliquée. L’objectif est de mener une réflexion vertueuse sur l’utilisation de certains matériaux au sein de la fondation et développer des activités économiques pour Arles et sa région.

Du 22 au 27 mai prochain, les acteurs concernés par l’ATELIER LUMA sont invités à se rencontrer. Une résidence est prévue ultérieurement afin d’accueillir des startup et créer dès lors des interactions avec les activités de la fondation LUMA, dans les domaines de l’art, de la culture, de l’éducation, des droits de l’homme.

Julien Frydman met ainsi aujourd’hui ses talents au service de projets, qui vont bien au-delà de la photographie!

Publié par Solène Delorme